L’Australie fait feu de tout bois

L’Australie est célèbre pour ses feux de brousse.

Elle l’est moins pour ses feux de bateaux de demandeurs d’asile, et pourtant…

Ces bateaux sont de petites embarcations en bois destinées à la pêche dans les eaux côtières de l’Indonésie.

Ils sont systématiquement détruits par les autorités australiennes, une fois les passagers en sécurité, évidemment.

À l’île Christmas, la méthode la plus courante consistait jusqu’à récemment à les remorquer à quelques kilomètres de la pointe nord-est à la tombée du jour, puis à les réduire en cendres.

Dans le cas d’un nombre élevé d’arrivées, néanmoins, il n’était pas rare de pouvoir assister à ce spectacle en pleine journée.

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Un bateau de demandeurs d’asile est brûlé au large de l’île Christmas le 6 décembre 2011. Crédit Photo: Arthur Floret.

Il paraîtrait —je tiens cette information de source sûre mais unique— que la marine procède désormais à des tirs à balles réelles sur ces rafiots pour les couler, pendant que les demandeurs d’asile sont pris en charge à bord de ses navires de guerre (généralement deux patrouilleurs et une frégate), du tritamaran des douanes ou de l’Ocean Protector.

« Out of sight, out of mind » disent les Anglophones : l’avantage serait ainsi de pouvoir cacher physiquement au public et aux médias les arrivées de bateaux.

Cette politique du secret est d’ailleurs parfaitement assumée par le nouveau gouvernement conservateur de Tony Abbott.

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Un bateau de demandeurs d’asile est brûlé au large de l’île Christmas le 8 décembre 2011. Crédit Photo: Arthur Floret.

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Arthur Floret
Anthropologue de formation et passionné de voyages, j'ai étudié et travaillé sur les cinq continents. J'ai notamment habité de 2011 à 2014 sur l'île Christmas (Océan indien). "L'isle aux rostres" vous emmène à la découverte de ce concentré d'extrêmes —écosystème unique au monde, dernière colonie occidentale en Asie, principal point de transit des boat people vers l'Australie, paradis des joueurs d'argent, mine de phosphate à ciel ouvert— et... tout simplement, de la vie quotidienne sur une petite île tropicale.