Pour y aller

S’amuser à conduire en évitant les crabes, respirer la poussière de phosphate à plein nez, pêcher des poissons gros comme un frigidaire américain, marcher dans la jungle sans être au bas de la chaîne alimentaire, vous en rêviez ? Voici quelques détails pratiques.

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L’Asie du Sud-Est avec l’île Christmas. Image d’Arthur Floret utilisant un fond de carte de d-maps.com

Géographie

L’île Christmas est située dans l’hémisphère sud, à 480km au sud-sud-ouest de Jakarta (Indonésie), et à 2.650km au nord-ouest de Perth (Australie-occidentale).

Sa superficie est de 135km carrés. Elle est, autrement dit, douze fois plus petite que la Guadeloupe, mais un tiers plus grande que la ville de Paris. C’est dire si ses habitants n’y manquent point d’espace. En tous cas, les 2.000 d’entre eux qui ne sont pas placés en détention…

L’île Christmas a la forme d’un implant mammaire qui aurait été trop tripoté : en tant que sommet d’un ancien volcan, elle aurait pu être ronde et élevée, mais elle est compressée vers son centre et aplatie sur son dessus.

On la traverse en 18km du nord au sud et en 14km d’est en ouest, mais il ne faut que 7km en moyenne pour passer d’une côte à l’autre.

En outre, bien que son relief monte hardiment à partir de la mer jusqu’au-delà de 300m d’altitude, elle est coiffée d’un plateau qui vous sèvrera de vos envies de vertige, mais pas au point de vous priver de magnifiques panoramas.

Ceinturée de falaises de calcaire tranchantes comme du verre cassé et entrecoupées de quelques criques et plages toutes différentes les unes des autres, l’île Christmas est, pour le reste, recouverte d’une jungle peuplée de crabes terrestres, et classée parc national.

Les fonds marins qui l’entourent, quant à eux, sont abyssaux et vierges de toute pollution. À 200m de votre serviette et de votre piña colada, vous nagez déjà sur une colonne d’eau de 500m. Et ça continue en pente raide, jusqu’aux 5.000m de profondeur de la faille de Java. Brrr…

Climat

L’île Christmas possède un climat tropical équatorial, avec des températures quotidiennes moyennes comprises entre 22°C (août) et 28°C (avril).

Le taux d’humidité dans l’air est relativement stable à cause de l’influence océanique (80% – 90%).

Par contre, les précipitations annuelles (2.000mm) se répartissent entre une saison « humide », de novembre à avril (mousson du nord-ouest), et une saison « sèche », de mai à octobre (alizés du sud-est) :

  • saison humide : moustiques insupportables + trombes d’eau + routes et pistes fermées (à cause des crabes qui migrent et des arbres qui tombent) + mer assez grosse + connexions aériennes mal assurées MAIS spectaculaire migration des crabes rouges + passage des requins-baleines ;
  • saison sèche : pas de moustiques + grand ciel bleu + air frais + routes et pistes ouvertes + mer idéale + connexions aériennes assurées ET pêche au gros (thon, wahoo, carangue) + plongée sous-marine + observation des oiseaux marins + camping sur les plages + ballades en forêt, et ainsi de suite.

Niveau cyclones, l’île Christmas préfère envoyer les siens vers l’Australie-occidentale. On exporte ce qu’on peut !

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L’île Christmas. Image d’Arthur Floret utilisant un fond de carte d’Ewan ar Born via Wikimedia et des icônes libres de droit de diverses sources.

Voyage voyage…

L’île Christmas est un territoire d’outre-mer australien.

Cela a trois impacts sur un séjour potentiel :

  1. vous devez effectuer les démarches d’immigration australiennes ;
  2. l’essentiel de la desserte aérienne est assuré à partir de Perth (Australie-occidentale) ;
  3. les prix sur place sont australiens, et non asiatiques…

Mais avec une population locale aux trois quarts d’origine chinoise et malaise, il existe aussi, sauf exception, une « route » vers le nord (Kuala-Lumpur, Singapour, ou Jakarta).

Il s’agit de vols nolisés irréguliers et très chers pour la distance, mais qui s’avèrent incontournables si vous souhaitez visiter l’île Christmas sans faire le grand tour down under.

Enfin, il est important de noter que l’île Christmas n’est ni une destination touristique de masse, ni une destination touristique de niche, le développement du secteur de l’hospitalité étant freiné par plusieurs facteurs, notamment par la taille de l’industrie de la détention des demandeurs d’asile.

En somme, allez-y comme si vous alliez au Kamtchatka ou en Guyane du sud, pour découvrir une des dernières terres sauvages de notre planète et une culture humaine de pionniers, mais avec une touche de farniente.

Il existe cependant des infrastructures et des services de qualité (hébergement, restauration, plongée sous-marine, pêche au gros, ornithologie, etc.) destinés à une clientèle restreinte, et fournies par des entrepreneurs passionnés qui se feront un plaisir de vous accommoder en toutes circonstances.

Tous les renseignements ci-dessus, et bien d’autres encore, sont disponibles auprès de l’Association de tourisme de l’île Christmas et de sa sympathique équipe en cliquant sur le lien suivant :

Christmas Island Tourism Association

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Arthur Floret
Anthropologue de formation et passionné de voyages, j'ai étudié et travaillé sur les cinq continents. J'ai notamment habité de 2011 à 2014 sur l'île Christmas (Océan indien). "L'isle aux rostres" vous emmène à la découverte de ce concentré d'extrêmes —écosystème unique au monde, dernière colonie occidentale en Asie, principal point de transit des boat people vers l'Australie, paradis des joueurs d'argent, mine de phosphate à ciel ouvert— et... tout simplement, de la vie quotidienne sur une petite île tropicale.

Une réponse à Pour y aller

  1. Jule Jule dit :

    Trop cool cette petite présentation, j’ai bien ri 🙂

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