12 mars 2014

Oyez, oyez, Christmassiens, la princesse Marie est en vue !

Point n’est besoin de sortir les robes de bal, les mouchoirs de soie et la poudre à perruque madame la marquise, ni les troés quârts de vot’ récolte m’sieur l’paysan.

On parle certes de princesse aujourd’hui, mais pas du genre à vivre sur le dos du peuple.

Tout l’inverse, en fait.

Le Princess Mary est un bateau cargo battant le pavillon d’Antigua-et-Barbuda (Antilles) et opérant depuis Fremantle (Australie-occidentale).

Donc rien de bien folichon.

Sauf que, sans lui, pas de Christmassiens !

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Le Princess Mary quitte l’île Christmas pour l’Australie. Crédit Photo: Arthur Floret.

La vie moderne et les petites îles lointaines font deux.

Ici, tout provient de l’extérieur, du lait aux couches, en passant par les ampoules ou… les noix de coco, le carburant, les meubles, les machines outils, etc.

Quand je dis tout, c’est 100% de ce qui est consommé ou utilisé, moins quelques potirons ou papayes sauvages, un peu de poisson de temps en temps si vous connaissez un généreux voisin qui va pêcher à la traîne le dimanche, et un bitume local de mauvaise qualité pour les routes.

Pour être plus précis, et je cite, « plus de 95% des fruits et des légumes […] sont importés. »

Le service n’étant assuré que par une entreprise, avec un bassin de « clients » minuscule (moins de 4.000 personnes, en comptant les demandeurs d’asile placés en détention), les coûts de transport sont exorbitants : il faut débourser 6.670AUD pour un container en provenance de Perth.

Ajoutez à cela que l’île Christmas n’a pas, à proprement parler, de port ; Flying Fish Cove se traduit d’ailleurs par « la crique du poisson volant ».

Les navires doivent s’attacher à des bouées reliées les unes aux autres en eau profonde pour rester immobiles au pied de la falaise qui supporte la grue de transvasement. Il n’y a pas de brise-lames pour les protéger.

Le Princess Mary vient en moyenne toutes les quatre à six semaines, mais quand le temps est mauvais, notamment pendant la mousson, ou qu’un accident bloque l’accès à la grue, comme lors du naufrage du Tycoon, les délais entre deux passages peuvent être considérablement allongés, ce qui impacte sur les prix et sur l’achalandage en magasin.

Bref, c’est toujours un événement quand on peut voir sa silhouette et les équipes de débardeurs au travail.

Un ami m’a suggéré de le photographier en utilisant la paire de jumelles fixes du parc situé sur les hauteurs du Cove, parce que ça fait « argentique ».

Princess_Mary_Île_Christmas
Le Princess Mary à Flying Fish Cove. Crédit Photo: Arthur Floret.

C’est vrai que ça a plus de charme que le numérique, et puis ça fait un peu film de pirates aussi.

Mais moi, je trouve que ça a surtout un effet crotte de bique.

Enfin, crotte de bique, il n’y en a pas qu’une généralement. Du coup, ça m’a inspiré cette image du déchargement du Princess Mary :

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Les installations portuaires de Flying Fish Cove en forme de crottes de bique (cliquez deux fois pour agrandir). Crédit Photo: Arthur Floret.

Ce doit être la perspective d’avoir de nouveau du fromage au supermarché qui me rend créatif…

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